DPE E location : peut-on louer un logement classé E en 2026 ?
Oui, un logement DPE E peut encore être loué en 2026 en France. Contrairement aux biens classés F et G, interdits à la location depuis 2023 et progressivement jusqu’en 2025, les logements classés E restent autorisés jusqu’au 1er janvier 2034. Cependant, des obligations strictes encadrent leur mise en location : le DPE doit être annexé au bail d’habitation, le bien doit respecter les critères de décence énergétique (plafond de consommation), et le propriétaire ne pourra augmenter le loyer entre deux locataires ou lors d’un renouvellement de bail qu’après des travaux de rénovation énergétique.
Ce que vous allez savoir dans cet article :
- Les règles précises pour louer un logement DPE E en 2026
- Le calendrier d’interdiction et les échéances à retenir (2034)
- L’impact de la réforme DPE 2026 sur les étiquettes E
- Comment vérifier si votre bien peut améliorer son classement
DPE E location : le cadre légal actuel en 2026
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a instauré un calendrier progressif d’interdiction de mise en location des logements les plus énergivores. Ce calendrier vise à éradiquer les « passoires thermiques » du parc locatif français d’ici 2034.
Pour les logements classés E, la situation est claire : ils peuvent être loués sans restriction jusqu’au 31 décembre 2033. À partir du 1er janvier 2034, il sera interdit de louer un bien classé E, sauf à avoir réalisé des travaux permettant d’atteindre au minimum la classe D.
Cette échéance concerne aussi bien les nouveaux baux que les renouvellements ou reconductions tacites. Un bail en cours au 31 décembre 2033 peut continuer jusqu’à son terme, mais le propriétaire devra impérativement rénover le bien avant toute remise en location ou tout renouvellement après cette date.
Attention à la confusion avec le gel des loyers : Les logements F et G subissent, eux, un gel des loyers depuis le 24 août 2022. Ce gel interdit toute augmentation de loyer, même avec l’indice de référence des loyers (IRL), tant que le propriétaire n’a pas fait passer le logement en classe E minimum. Les logements classés E ne sont pas concernés par ce gel. Vous pouvez donc encore augmenter le loyer d’un DPE E selon l’IRL lors d’un renouvellement ou d’une relocation, jusqu’en 2034.
L’obligation du DPE annexé au bail d’habitation
Depuis juillet 2021, tout propriétaire bailleur doit fournir un DPE valide lors de la signature du bail. Ce document, réalisé par un diagnostiqueur certifié, doit être annexé au contrat de bail d’habitation.
Le DPE précise la classe énergétique du logement (de A à G), la consommation annuelle d’énergie primaire, les émissions de gaz à effet de serre, et une estimation des dépenses annuelles d’énergie. Pour un logement classé E, la consommation se situe entre 231 et 330 kWh/m²/an en énergie primaire.
Validité du DPE : Un DPE réalisé après le 1er juillet 2021 est valable 10 ans. Les DPE effectués entre 2013 et 2017 ne sont plus valides depuis le 31 décembre 2022. Ceux réalisés entre 2018 et juin 2021 restent valables jusqu’au 31 décembre 2024. Si votre DPE date d’avant juillet 2021, vous devez impérativement en refaire un selon la nouvelle méthode pour pouvoir louer légalement.
L’absence de DPE annexé au bail constitue une infraction. Le locataire peut saisir le tribunal pour demander des dommages et intérêts, et le propriétaire s’expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique (15 000 € pour une personne morale).
Décence énergétique : le seuil à respecter pour un DPE E
Au-delà de la simple classe énergétique, un logement doit respecter un critère de décence énergétique pour être loué. Depuis le 1er janvier 2023, un logement est considéré comme indécent si sa consommation d’énergie finale dépasse 450 kWh/m²/an.
Ce seuil concerne principalement les logements classés G les plus énergivores. Un logement classé E respecte automatiquement ce critère de décence, puisque sa consommation en énergie primaire (231 à 330 kWh/m²/an) se situe bien en-dessous du plafond de 450 kWh/m²/an en énergie finale.
Nuance importante : Le critère de décence s’appuie sur l’énergie finale (celle consommée réellement par les occupants), tandis que la classe DPE repose sur l’énergie primaire (qui intègre les pertes liées à la production et au transport de l’énergie). En pratique, un logement classé E est toujours décent sur le plan énergétique en 2026.
À partir de 2034, le critère évoluera : seuls les logements atteignant la classe D minimum pourront être loués, ce qui équivaut à une consommation maximale de 230 kWh/m²/an en énergie primaire.
Calendrier complet des interdictions de louer par classe DPE
Pour bien anticiper vos obligations, voici le calendrier exhaustif des interdictions progressives :
Logements classés G :
- Depuis le 1er janvier 2023 : interdiction de louer les biens consommant plus de 450 kWh/m²/an (G+)
- Depuis le 1er janvier 2025 : interdiction totale pour tous les logements G
Logements classés F :
- Depuis le 1er janvier 2028 : interdiction totale de louer
Logements classés E :
- Depuis le 1er janvier 2034 : interdiction totale de louer
Ce calendrier s’applique aux logements d’habitation à usage de résidence principale. Les locations saisonnières et meublés de tourisme ne sont pas concernés par ces interdictions, mais doivent tout de même afficher le DPE dans les annonces.
Un propriétaire qui loue un bien interdit s’expose à une amende pouvant aller jusqu’à 5 000 € pour une personne physique (15 000 € pour une personne morale), plus d’éventuels dommages et intérêts réclamés par le locataire.
Renouvellement et reconduction tacite d’un bail DPE E
Un bail en cours pour un logement classé E peut continuer jusqu’en 2034, même si le locataire reste en place pendant 10 ou 15 ans. La reconduction tacite (renouvellement automatique du bail à son échéance) n’est pas affectée par la classe énergétique avant 2034.
Concrètement, si vous louez un DPE E avec un bail signé en 2024, le locataire peut rester jusqu’en 2034 sans que vous ayez à réaliser de travaux. En revanche, si le bail arrive à échéance après le 1er janvier 2034, vous devrez obligatoirement rénover le logement en classe D pour pouvoir le relouer, que ce soit au même locataire (renouvellement) ou à un nouveau.
Cas du départ du locataire avant 2034 : Si votre locataire quitte le logement en 2030 par exemple, vous pouvez le relouer en l’état à un nouveau locataire jusqu’en 2034. Vous disposez donc d’une période de transition pour étaler les travaux ou vendre le bien si la rénovation n’est pas rentable pour vous.
Point de vigilance sur le gel des loyers : Même si les DPE E ne subissent pas le gel des loyers imposé aux F et G, il est recommandé d’anticiper les travaux. À partir de 2030-2032, les locataires potentiels seront de plus en plus réticents à louer un logement classé E, sachant qu’il sera interdit à partir de 2034. Vous risquez des périodes de vacance locative croissantes.
Réforme DPE 2026 : ce qui va changer pour les logements classés E
Le gouvernement français prépare une réforme du DPE pour 2026, avec une modification majeure du coefficient appliqué à l’électricité. Actuellement, l’électricité est pénalisée par un coefficient de conversion en énergie primaire de 2,3 (puis abaissé à 2,58 en 2021). La réforme prévoit de ramener ce coefficient électricité à 1,9 en 2026.
Impact concret sur les DPE E : Cette modification va mécaniquement améliorer la note énergétique de nombreux logements chauffés à l’électricité. Un appartement actuellement classé E pourrait basculer en classe D sans aucun travaux, simplement grâce au nouveau mode de calcul.
Les logements les plus concernés sont :
- Les appartements avec chauffage électrique (convecteurs, radiateurs à inertie)
- Les maisons équipées de pompes à chaleur électriques
- Les biens dotés d’un chauffe-eau électrique
En revanche, les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne bénéficieront pas de cette amélioration automatique. Leur classe restera identique.
Faut-il refaire un DPE en 2026 ? Si votre logement est classé E avec un chauffage électrique et que le DPE a été réalisé avant 2026, il peut être judicieux de le refaire après l’entrée en vigueur de la réforme. Le coût d’un nouveau DPE (entre 100 et 250 € selon la surface) sera largement compensé par la possibilité de louer le bien au-delà de 2034 s’il bascule en classe D.
Pour vérifier si votre logement pourrait gagner une classe avec la réforme, vous pouvez demander une simulation à un diagnostiqueur certifié ou utiliser les simulateurs en ligne proposés par l’ADEME (ademe.fr) et certains organismes spécialisés.
Comment améliorer la classe énergétique d’un DPE E
Si votre logement reste classé E après 2026 ou si vous souhaitez anticiper l’échéance de 2034, plusieurs travaux permettent de passer en classe D.
Les travaux prioritaires pour un logement E :
Isolation : C’est le levier le plus efficace. L’isolation des combles peut faire gagner 20 à 30 % de consommation d’énergie. Coût moyen : 20 à 50 €/m² selon la technique. L’isolation des murs par l’extérieur (ITE) représente un investissement plus lourd (100 à 200 €/m²) mais transforme radicalement la performance du logement.
Changement du système de chauffage : Remplacer une vieille chaudière gaz ou des convecteurs électriques par une pompe à chaleur air/eau peut faire basculer un E en C ou D. Coût : 10 000 à 18 000 € selon la configuration, avec des aides MaPrimeRénov’ pouvant couvrir 30 à 50 % de l’investissement.
Ventilation : Installer une VMC double flux améliore le bilan énergétique de 10 à 15 %. Coût : 3 000 à 8 000 € pose comprise.
Menuiseries : Le remplacement de fenêtres simple vitrage par du double vitrage performant (Uw < 1,3) réduit les déperditions. Coût : 300 à 800 € par fenêtre.
Ordre de priorité : Pour un budget limité, concentrez-vous d’abord sur l’isolation des combles et le changement des fenêtres. Ces deux postes offrent le meilleur rapport coût/efficacité. Le changement de chauffage sera pertinent dans un second temps, une fois l’enveloppe thermique améliorée.
Aides financières pour rénover un logement classé E
L’État français propose plusieurs dispositifs d’aide pour inciter les propriétaires bailleurs à rénover leurs biens.
MaPrimeRénov’ Copropriété : Pour les copropriétés, cette aide finance jusqu’à 25 % du montant des travaux (plafonné à 25 000 € par logement). Elle couvre isolation, chauffage collectif, ventilation.
MaPrimeRénov’ classique : Accessible aux propriétaires bailleurs sous conditions de ressources du locataire. Les montants varient de 1 000 à 10 000 € selon les travaux et le niveau de revenus du locataire. Le propriétaire doit s’engager à louer le bien en tant que résidence principale pendant 5 ans minimum.
Éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) : Permet d’emprunter jusqu’à 50 000 € sans intérêts pour financer des travaux de rénovation énergétique. Accessible sans conditions de ressources, remboursable sur 20 ans maximum.
Certificats d’économies d’énergie (CEE) : Les fournisseurs d’énergie (EDF, Engie, TotalEnergies) proposent des primes pour certains travaux. Montants variables selon les travaux et les offres en cours, cumulables avec MaPrimeRénov’.
TVA réduite à 5,5 % : Appliquée automatiquement sur les travaux de rénovation énergétique par les entreprises RGE (Reconnues Garantes de l’Environnement).
Pour maximiser les aides, privilégiez une rénovation globale (plusieurs postes de travaux simultanés) plutôt que des interventions isolées. Les aides sont plus généreuses pour les chantiers ambitieux visant la classe B ou C que pour des rénovations partielles.
Vérifier et contester un DPE E incorrect
Le DPE repose sur une méthode de calcul standardisée (méthode 3CL), mais des erreurs peuvent se glisser dans les données saisies par le diagnostiqueur : surface mal mesurée, mauvaise caractérisation de l’isolation, erreur sur le système de chauffage.
Comment vérifier votre DPE : Chaque DPE délivré depuis juillet 2021 dispose d’un numéro unique à 13 chiffres, consultable sur le site de l’ADEME (observatoire-dpe.ademe.fr). Vous pouvez télécharger l’attestation DPE ADEME qui récapitule les données saisies par le diagnostiqueur.
Vérifiez notamment :
- La surface habitable déclarée
- Le type et l’âge du système de chauffage
- La présence ou non d’isolation des murs, combles, planchers
- Le type de vitrage
- La zone climatique
Si vous constatez des erreurs manifestes, contactez le diagnostiqueur pour demander une correction. En cas de désaccord, vous pouvez saisir le comité français d’accréditation (Cofrac) qui supervise la certification des diagnostiqueurs. Le diagnostiqueur devra justifier ses choix ou corriger le DPE.
Recours en justice : Si le diagnostiqueur refuse de corriger un DPE manifestement erroné, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour demander l’annulation du diagnostic et des dommages et intérêts. Ce recours reste exceptionnel et doit s’appuyer sur une contre-expertise réalisée par un diagnostiqueur indépendant.
DPE E location : stratégie pour les propriétaires bailleurs jusqu’en 2034
Si vous possédez un ou plusieurs logements classés E, plusieurs scénarios s’offrent à vous selon votre horizon d’investissement.
Scénario 1 – Horizon court (vente avant 2030) : Si vous envisagez de vendre le bien dans les 4 prochaines années, vous pouvez continuer à louer en l’état jusqu’à la vente. Attention toutefois : un logement classé E se revend avec une décote de 5 à 10 % par rapport à un équivalent classé D ou C. Les acheteurs intègrent dans leur offre le coût des travaux à réaliser avant 2034.
Scénario 2 – Détention longue durée (après 2034) : Vous devez impérativement planifier des travaux pour atteindre la classe D minimum. Commencez par une étude thermique (300 à 800 €) pour identifier les travaux les plus rentables. Réalisez-les entre 2026 et 2032 pour bénéficier des aides encore disponibles et éviter la précipitation de 2033 où les artisans seront surchargés.
Scénario 3 – Attente de la réforme 2026 : Si votre logement est chauffé à l’électricité et proche de la classe D (consommation autour de 240-250 kWh/m²/an), attendez la réforme du coefficient électricité en 2026. Refaites un DPE après cette date : vous pourriez passer en classe D sans travaux, ce qui vous permet de louer jusqu’en 2034 et au-delà sans investissement supplémentaire.
Conseil fiscal : Les travaux de rénovation énergétique sur un bien locatif sont déductibles des revenus fonciers si vous êtes imposé au régime réel. Conservez toutes les factures et attestations RGE des entreprises. En micro-foncier (revenus locatifs inférieurs à 15 000 €/an), les travaux ne sont pas déductibles, mais vous pouvez opter pour le régime réel l’année des travaux pour optimiser votre fiscalité.
Location DPE E : anticiper dès maintenant les obligations de 2034
L’échéance de 2034 peut sembler lointaine, mais le marché locatif va progressivement intégrer cette contrainte dès 2030. Les locataires, de plus en plus sensibles à leur facture énergétique et à l’empreinte carbone, privilégieront les logements bien classés.
Pour sécuriser votre investissement locatif, trois actions concrètes dès 2026 :
1. Faites réaliser une simulation thermique : Un bureau d’études thermiques (BET) peut modéliser précisément les gains énergétiques de différents scénarios de travaux. Coût : 500 à 1 500 € selon la complexité. Vous obtenez une feuille de route chiffrée et priorisée.
2. Surveillez les dispositifs d’aides : Les enveloppes MaPrimeRénov’ et CEE évoluent chaque année. Abonnez-vous aux newsletters de l’ANAH (Agence nationale de l’habitat) et de l’ADEME pour être informé des nouveaux coups de pouce ou bonifications temporaires.
3. Constituez une épargne travaux : Si vous prévoyez de conserver le bien au-delà de 2034, provisionnez dès maintenant 10 à 15 % de vos loyers annuels dans un compte dédié aux futurs travaux. Sur 8 ans (2026-2034), cela représente une enveloppe conséquente qui limitera le recours à l’emprunt.
Un logement classé E reste un actif locatif viable jusqu’en 2034, mais nécessite une vision stratégique claire. En anticipant les travaux ou la revente, et en profitant de la réforme DPE 2026 si votre bien est chauffé à l’électricité, vous sécurisez la rentabilité de votre investissement tout en contribuant à l’objectif national de décarbonation du parc immobilier français.

Je m’appelle Chloé Robin et je rédige des contenus pratiques et accessibles sur Digradio-Nordvendée.fr. J’aborde l’actualité, la vie pro, la finance du quotidien et l’immobilier avec une approche simple : clarifier, comparer et aider à décider. Mon objectif est de proposer des articles utiles, structurés et directement actionnables.

